Les Larmes d’Or…

Hier, entraperçues quelques larmes de soleil, 
Au coin de tes beaux yeux clairs aux iris mélangés
Que j’ai essuyées doucement du bout de mes doigts
Que la pudeur du moment m’imposait 
De ne pas lécher. 
Aussi, me suis-je privée du gout salé
De leur liquide cristallin 
Quelques larmes d’or…
Que je collecte dans mon tamis d’orpailleur…
Encore…

Tu ne me diras pas qu’elle en était la cause,
Tes pupilles précieuses par le Soleil agressées 
Peut-être était-ce seulement cela…
Trop de Lumière. 
Ou Peut-être Autre chose… 
Trop de Tout… Trop de Nous… 
On ne précisera pas laquelle… Peut-importe…

Je me suis refusée, ton regard noyé dans le mien
De scruter de mon laser les tréfonds de ton âme
Trop d’amour envers Toi, ne me le permet pas 
D’entrevoir quelques réponses plus précises
A tes larmes d’OR. 

Je les garde précieusement en mémoire 
Translucides et luisantes sur ta peau ensoleillée
Fugace sentiment suspendu, émotion retenue 
Ces Larmes de pluie sous le soleil d’Or

Pour me souvenir de Nous… 
Pour me souvenir
Que nous sommes humains, 
Que nous sommes vivants, 
Que nous nous aimons.

« Ne cache pas tes pleurs, cesse de t’en défendre,
c’est de l’humanité la marque la plus tendre. »
Voltaire

J’écris… J’écris…

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
De Nous…

Parce que…
Un jour ou l’autre se réveilleront nos rages avides 
Tempêteront nos peurs, émergeront nos peines
Et reviendront encore toutes ces plages vides 
Ou les réconciliations semblent vaines 

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
Du Beau…

Parce que…
Tôt ou tard, on fait fi des promesses, on oublie nos accords 
On se moque des regrets, on se fout des remords
On lâche trop les rennes ou on tire trop sur les mors
Dans ce film magique, sans cesse, on bâcle les raccords

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
De notre synesthésie…

Parce que…
Nos Ego sont trop grands et s’affrontent en corps à corps
On se combat toujours en duel de Matador 
Où le goût du sang dans l’arène reste le plus fort
Les risques que l’on prend détruisent et statuent sur nos sorts

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
De l’ensemble…

Parce que…
On valdingue le présent toujours dans le décor
Pour un passé trop vivant ou un futur trop mort
Pour trois mot de trop muets, ou trois mots de trop forts
Pour la passion qui aboie et la raison qui mord

Bref… pour toutes nos divergences, tous nos désaccords
Pour toutes nos ambivalences, tous nos oxymores

J’écris, j’écris 
Il faut  que je me souvienne…
De Nous deux…

J’irai brûler mes voiles…

En mer tout est d’une infinie beauté…

J’irai brûler mes voiles dans ces îles lointaines
Implorer des faveurs aux dieux océaniens
Liquéfier mon mat aux lames de fond des sirènes
Enchantée de leurs danses en chantant leur refrain

Dépasser l’horizon de mon ciel et forcer le destin
Allumer mon feu, en embrassant le tien
Retrouver tous nos jeux, en embrasant tes mains
Quand de l’amour à deux, le chemin s’en revient

J’irai nager au ciel dans les neiges éternelles 
Ou mes insomnies dorment sous un jour immortel
Marcher à l’aveugle dans le noir d’une nuit
Sous une pluie d’étoiles sans la suie de l’ennui 

Aux aurores boréales, où la voûte céleste s’éveille
Quand pendant de longs mois, hiberne le soleil
Et que nos yeux brumeux se languissent du jour
Qu’enfin, la nuit se décide à partir au long court

J’irai brûler mes voiles dans les cieux merveilleux
Sous un orage de Perséides, m’éblouir les yeux
M’aveugler de leur sabres de lumières de feu
Et abréger mes peines en essaim lumineux

Démêler les drisses qui entravent mes rêves
Hisser ma grande voile, voguer vers l’horizon
De mes songes de marin sans amarres et sans trêve
Au grand largue en équilibre précaire sur le pont

Alors…
Quand l’Amaurose fugace me terrasse soudain
Que ma vie à tâtons bute et se perd en chemin
Que mon âme Alizée souffle soudain à l’amer
Que je pleure en lames de sel, cherche mes repères

J’irai brûler mes voiles dans ces îles lointaines
Implorer des faveurs aux dieux océaniens
Liquéfier mon mat aux lames de fond des sirènes
Enchantée de leurs danses en chantant leur refrain

À tous nos voyages ensemble déjà fait et à faire…
je suis une hirondelle, je ne respire en exultant, qu’en volant dans les airs…
le monde est si vaste qu’une vie entière ne suffit pas…

Marguerite Révolver

Bang Bang…

J’ai trouvé une sauvage Marguerite
Éblouissante de beauté…
Me suis inclinée devant cette magnifique inflorescence
Pour admirer ses fleurons blancs ligulés
Et observer l’abeille qui butinait 
En collectant le pollen dans ses pistils dorés
Je l’ai cueillie,
Me suis assise en tailleur dans le pré…
Puis je l’ai patiemment effeuillée…
Il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…
Elle m’a hurlé que je tu ne m’aimais plus
Alors de dépit et de rage, ma belle marguerite, je l’ai tuée.

Laissez-moi brûler l’Enfer !

Ciel d’Enfer…

Laissez-moi brûler l’enfer
Qui me nargue sur mon chemin
Dans mes ciels de traine à l’envers
Ses torches de vapeur en dessin

Laissez-moi respirer l’éther
Et conserver l’amour volatile
De nos souffles asphyxiés dans l’air
En bouche à bouche pulsatile

Laissons-nous encor respirer l’enfer
Rougeoyant nos yeux aux reflets déments
Laissons-nous toujours brûler l’éther
En corps à corps de nos embrasements 

Mon Avatar aux yeux de Jade

Lentilles couleur Jade… « Just for fun »


Mon avatar aux yeux de jade, je l’ai créé pour Toi
Un multiple de Moi qui se hasarde, à explorer cent fois
Tous les Chemin de rêve où je musarde, jusque dans tes bras
Où je traine libre et m’abandonne, à mes songes hors la loi

Mon avatar aux yeux de jade, porte sauvage mon âme de soie
Quand je l’emmène en promenade, Il se dédouble parfois
M’échappe, s’enfuit au grand largue et se perd jusqu’à Toi 
Flâne dans le vent, donne le LA de la musique de nos drags

Mon avatar aux yeux de jade, me supplée quelquefois
Quand la fatigue me rend hagarde, je le laisse faire sa loi,
Prendre le pouvoir à l’abordage, et prendre sur ma vie, le pas
Il prend ma pose et par mégarde, me possède l’âme de droit

Mon avatar en vert de rage, me regarde, en souhaitant être Moi
Veut prendre ma place, prendre du grade… Courir où je n’peux pas…
Me voler ces endroits de flamme, où je me consume maintes fois,
En imaginaire mélodrame, trop loin, aller où je n’veux pas

Alors, il me cible et me canarde, Oui, il se rit de moi
Il me bombarde, me laisse en rade, à terre les bras en croix
Dans le miroir où il s’attarde, soudain, se reconnaît et me voit
En vert d’espoir, me laisse sauve, et à mon exécution sursoit

Mon avatar aux yeux de jade, un double guerrier de Moi
De mythomanies en rodomontades, se fraie un chemin malgré moi
Balaie mes doutes et mes peur, n’envisage pas d’autres choix 
Dans la supercherie de la vie, fait résonner sa petite voix

Mon avatar aux yeux de jade, se déguise si souvent comme Moi,
Que je ne sais plus réaliser vraiment, lequel des deux est Moi
Quand je l’observe, j’hésite et me demande à chaque fois
Si c’est Lui que tu aimes et regardes, Ou bien, si c’est Moi.

Mon avatar aux yeux de jade, celui qui se tient devant Toi 
D’apparitions en transparences, me balance entre Lui et Moi 
C’est la surprise à chaque porte, mais se tromper ne gêne pas, 
Qu’importe dans les bras duquel, demain, tu te perdras…

Ce poème je le dédie à mon mari qui partage ma vie depuis si longtemps,
qui me supporte, et qui me répète encore aujourd’hui, que je suis si complète, si complexe et multiple,
qu’à moi seule, je suis toutes les femmes de sa vie.
..
Il est vrai qu’il est le seul être au monde qui connait toutes mes couleurs…
D’âme, d’yeux, de cheveux et de coeur… Et je ne suis pas persuadée que ce soit de tout repos…

Je me souviens du Temps…

Je me souviens du temps…
Où, petite hirondelle
Aux migrations de Printemps
Fuyant l’hiver et le gel
Sur ton balcon dormant
J’ai replié mes ailes…

Me suis posée en chantant
Humé ton âme originelle 
Et sous le souffle de ton vent
Ta brise passionnelle
Je me souviens du temps
Où j’ai touché ton ciel… 

En ma course, la déviant
De mon pas de tir habituel
Mes armes à terre, déposant
Pour irradier ton ciel
Emporté mon soleil levant
Je me souviens du temps…

Éros sa flèche décochant
Ciblé nos cœurs en tir sensuel
Cette salve d’amour flottant
Inévitable, presque irréelle 
Je me souviens du temps…
Où j’ai touché ton ciel… 

Offert mon merveilleux allant
Le souffre de mes jeux sensuels
Et dans l’azur troublant 
Du bout de mon soleil
Je me souviens du temps
Ou j’ai touché ton ciel…

Dans les mots océans 
Orpailleurs exceptionnels
De nos splendeurs d’avant
Du bout de mes merveilles
Je me souviens du temps
Ou j’ai touché ton ciel…

Or, ne convient jamais à l’hirondelle
Barreaux et fenêtres l’enfermant
Dans vos cages artificielles
Même dorées ou pur diamant
Mon envol repris-je au firmament
Mes rêves et projets, à tire d’ailes…

Mon envergure n’est belle
Que voilures libres aux vents
Moi, petite hirondelle
Ai-je dû fuir empressement…
Mais, je me souviens du temps…
Ou j’ai touché ton ciel…

Oui…
Je me souviens du temps
Où J’ai touché ton ciel
Du bout de mes prunelles…

Je me souviens du temps
Où J’ai touché ton ciel
Des plumes de mes ailes…

Lumière du matin

Soleil… Soleil…

Au soleil du matin,
Me réveille et m’étreint
Toute cette lumière d’or
À l’ombre de mon corps
À moitié endormi…

En réfraction, elle m’irradie et me colore
De ses rayons, qui seul brulent l’abord
De mes boucles d’or
Ma peau captive encore
Des draps du lit…

En effraction fine de maître
Par les claustras de ma fenêtre
Voyeur effleurant tout mon Être…
Était-ce Râ ou toi peut-être ?
Ces mains sensuelles, éveil de l’envie…

Le Passage Magique (Le Tsaheylu)

Le Passage Magique entre Mer et Ciel. Le Tsaheylu

À l’heure Grise éphémère entre chien et loup
Sur la grève désertée, avec la Lune, j’avais rendez-vous
Dans cette pénombre, nos faces masquées toutes deux
J’attendais, nez en l’air, me protégeant du vent au mieux

À l’endroit, où le céleste et l’aqueux fusionnent leurs bleutés 
En vapeurs opalescentes et brume de lumières irisées
Fidèle, en tout point à celui de nos songes d’antan
J’ai découvert le passage magique, balayé par le temps…

C’est une porte de bois et de sable, une barrière impalpable
Un pont entre nos deux rives bleues, une faille improbable
Où le ciel et la mer se liquéfient d’amour en invisible horizon
Qui nous téléporte par magie, vers l’autre dimension

J’ai trouvé le passage envoutant, que point n’emprunterai-je…
Venir jusqu’à toi avec courage, pourquoi me le permettrai-je ?
Jadis, d’autres guerriers que nous l’ont emprunté sans peur 
Beaucoup plus sages ou beaucoup plus fous, d’ailleurs…

Pourtant j’aimerais me volatiliser dans le temps au temps…
À la lisière de mes rêves, pieds nus, fouler le sable blanc
Plonger dans les abysses de tes yeux et l’enfer de nos jeux
Et me noyer dans les eaux de leur chamarré merveilleux

Cette fenêtre semble ouverte mais je ne puis passer
Le portail est fermé et je n’ai ni les codes ni les clés
Très bientôt, le passage, s’évanouira dans la nuit encrée
Et le TSAHEYLU de ces deux rivages, sera à jamais volatilisé

Est-ce que tu M’aimes ou est-ce que tu M’haines ?

Le merveilleux et l’amour s’invitent un matin
Le cœur vibre et vacille, on s’anime, on s’étreint
On s’esquisse l’âme, on se peint l’épiderme
On se promet le Toujours, on s’aime, on s’M

La grisaille s’installe, s’amoncellent les nuages
Et un soir, fouettent les éclairs, éclate l’orage
On se transperce le cÅ“ur, se crucifie l’âme 
Puis, l’amour fait volte-face, on s’haine, on s’N

M et N, ne les distingue, qu’un seul trait dense
Tu M’M, tu M’N, infime nuance, tant d’ambivalence
Deux verticales et deux diagonale en M, on s’M
Une diagonale en moins à peine, et c’est la N

Il suffit d’un petit morceau de rail, quand on s’M
Et de l’infime erreur d’aiguillage, pour qu’on s’N
Une graphie en supplément d’âme, et on s’aime
Une suppression d’un trait du M, et on s’haine

Du M au N, Un petit saut de lettre, une impulsion
Une âme sœur siamoise, en fait, juste une illusion
Le fil est tenu de la différence, pensez-y bien…
Du M au N, Pour changer soudain, du TOUT au RIEN !

Du M au N, deux petites lettres, un même pouvoir 
On tue au nom de l’Amour, ou au nom de la Haine
On meurt de son amour, on meurt de sa haine
M moi, ou N moi, qu’importe ton choix… Tu mourras

Alors mon Amour, dans l’alphabet de nos jours
Dans le Tic-Tac du métronome de nos détours
Où se situe notre parcours, entre Haine et Amour
Est-ce que tu m’aimes ou est-ce que tu m’haines ?