Les Passagers du Vents…

Parapente au-dessus du Lac d’Annecy

Accrochée à mes fils…
Tout là-haut, quelques voiles sur mon dos
Je ballote aux courants et je rêve…
Tout est si calme et beau…
En suspend entre le ciel et l’eau…
J’entrevois à l’horizon des nuages
La Terre promise en Placébo…


Moi, frêle petit oiseau
Volatile papillon
Esprit, Ange ou Démon
Qu’importe 
D’en Haut…
Tout se rallonge, s’étire, s’étiole et se distend
Tout est Harmonie
Tout est symphonie
Tout est Larghetto… 

Nous sommes les passagers du Vent…

Nous sommes si petits…
Nous sommes si légers…
Nous sommes si fragiles… 
Nos cœurs si graciles
Et nos âmes si fébriles…
Dans ce monde de fourmis 

Nos plumes blanches ouvertes au vent
Dans la tourmente du temps

Nous sommes…
Des petits insectes intérimaires luttant
Contre le déchaînement des éléments
Des esclaves intermittents
Des sentiments ambivalents

Nageant, volant, courant,
Nous débattant bravement
Dans l’ébullition de nos envies
Et la fusion de nos énergies
Brûlant et nous consumant
Dans cette Confusion Tungstène
En Méli-mélo de filaments

Nous sommes les passagers du Temps…

Alors, en lévitation, je réalise… Et relativise…
Quelle importance?
L’incandescence de nos cœurs brûlés
L’inconséquence de nos actes manqués
La transparence de nos âmes dévidées
L’éthérence de nos propos aux subtilités avortées
Oui vraiment,
Quelle importance ?
L’absence de résonance
L’annihilation de nos transes
L’hérésie de nos silences

De la Haut…
J’entraperçois
Toutes les futilités du bas
Tout les vacarmes et les chaos
La terre tout au bout de mes doigts
Et le paysage réel de nos choix
Me semblent Nocebo…

Cependant… bientôt, Il faudra 
Replier mes Ailes voilées…
Que je me résolve à griller mon auréole 
Que je me résigne à la redescente
Du royaume des cieux
Que je m’assigne à Atterrir et fouler le sol bleu
Affronter d’un nouveau regard mon existence
Comme une renaissance
Vaillamment…

Il est l’heure…

Nous sommes les passagers du Vent
Nous sommes les passagers du Temps

Blanches…

Blanches…

Blanches sont les peintures des couloirs
Blanche la blouse des fantômes qui les hantent
Blanche est la lumière qui l’appelle
Blanche se profile ma nuit en balance
Blanche est ma robe de petite fille en souvenance
Blanche la croche de son dernier souffle
Blanche ma voix devant son dernier soupir
Blanche est la neige en mon cœur
Blanches sont les notes de l’absence
Blanche est ma page devant le grand silence…

C’était il y a un an jour pour jour, presque heure pour heure… Je pense à toi, mon père…
Un 29 février 2020. Année bissextile, n’était-ce pas un beau jour pour partir ?
Après trois années blanches… Précisément… Belle ironie de la vie… Non ?

Parce que je ne sais pas que faire des textes sur la Vie, le Merveilleux, l’Amour et le Désir…
Souffrez aussi, et pardonnez, chers lecteurs, que je puisse parler quelquefois également de la Mort…
Elle est indissociable de la Vie.

Sont parfois les mots…

Illustration Thibault58

Sont parfois les mots, clairs de roche
D’une limpidité sans faille et si proches 
De l’amour et du céleste.

Sont parfois les mots, de fond les lames
De scie les dents et moult drames
De condamnation à mort, de l’âme.

Sont parfois les mots, d’amour la fin
De l’Alpha à l’Omega de nos destins
De la partie, ouvrent ou closent d’un rien.

Sont parfois les mots, incompris
Des pantins le maitre de l’indécis 
Du mot «Adieu», tout n’est-il pas fini ?


A tous ceux qui les ont entendus ou prononcés…
A vous… A nous…
« parfois les sentiments les plus simples sont les plus difficiles à exprimer »

Remerciements à Thibault58. Retrouvez-le sur le site : https://lespoetes.net

Les Larmes d’Or…

Hier, entraperçues quelques larmes de soleil, 
Au coin de tes beaux yeux clairs aux iris mélangés
Que j’ai essuyées doucement du bout de mes doigts
Que la pudeur du moment m’imposait 
De ne pas lécher. 
Aussi, me suis-je privée du gout salé
De leur liquide cristallin 
Quelques larmes d’or…
Que je collecte dans mon tamis d’orpailleur…
Encore…

Tu ne me diras pas qu’elle en était la cause,
Tes pupilles précieuses par le Soleil agressées 
Peut-être était-ce seulement cela…
Trop de Lumière. 
Ou Peut-être Autre chose… 
Trop de Tout… Trop de Nous… 
On ne précisera pas laquelle… Peut-importe…

Je me suis refusée, ton regard noyé dans le mien
De scruter de mon laser les tréfonds de ton âme
Trop d’amour envers Toi, ne me le permet pas 
D’entrevoir quelques réponses plus précises
A tes larmes d’OR. 

Je les garde précieusement en mémoire 
Translucides et luisantes sur ta peau ensoleillée
Fugace sentiment suspendu, émotion retenue 
Ces Larmes de pluie sous le soleil d’Or

Pour me souvenir de Nous… 
Pour me souvenir
Que nous sommes humains, 
Que nous sommes vivants, 
Que nous nous aimons.

« Ne cache pas tes pleurs, cesse de t’en défendre,
c’est de l’humanité la marque la plus tendre. »
Voltaire

Rêveries pendulaires

Sur la balançoire en vol
Bercée par le grincement
Du lancinant rythme en balancement
Et de mes mèches qui s’envolent

Je rêve que les chaînes se brisent
Que les volants de mes robes fleuries
Abandonnent mon corps en suspens
Et prennent le souffle du vent

S’élèvent et tournoient toujours plus haut
Aspirées par les courants ascendants
Se mêlent aux feuilles tourbillonnantes
En majestueuse tornade hors du temps

Rejoignent l’escadre des oiseaux migrateurs
En une simple envolée de jupon
En quelques battements d’ailes papillon
Enfin Libres et sans autre questionnement

Suspendue en tic-tac dans les airs 
Mon visage Grisé par le fouet cadencé
 De ce Métronome en crissement
Mes cils faseillent sous le pendule du temps

Alors, Je rêve que les chaînes se brisent
Que les volants de ma robe fleurie
Abandonnent mon corps en suspens
Et prennent le souffle du vent…