Marguerite Révolver

Bang Bang…

J’ai trouvé une sauvage Marguerite
Éblouissante de beauté…
Me suis inclinée devant cette magnifique inflorescence
Pour admirer ses fleurons blancs ligulés
Et observer l’abeille qui butinait 
En collectant le pollen dans ses pistils dorés
Je l’ai cueillie,
Me suis assise en tailleur dans le pré…
Puis je l’ai patiemment effeuillée…
Il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…
Elle m’a hurlé que je tu ne m’aimais plus
Alors de dépit et de rage, ma belle marguerite, je l’ai tuée.

Laissez-moi brûler l’Enfer !

Ciel d’Enfer…

Laissez-moi brûler l’enfer
Qui me nargue sur mon chemin
Dans mes ciels de traine à l’envers
Ses torches de vapeur en dessin

Laissez-moi respirer l’éther
Et conserver l’amour volatile
De nos souffles asphyxiés dans l’air
En bouche à bouche pulsatile

Laissons-nous encor respirer l’enfer
Rougeoyant nos yeux aux reflets déments
Laissons-nous toujours brûler l’éther
En corps à corps de nos embrasements 

Mon Avatar aux yeux de Jade

Lentilles couleur Jade… « Just for fun »


Mon avatar aux yeux de jade, je l’ai créé pour Toi
Un multiple de Moi qui se hasarde, à explorer cent fois
Tous les Chemin de rêve où je musarde, jusque dans tes bras
Où je traine libre et m’abandonne, à mes songes hors la loi

Mon avatar aux yeux de jade, porte sauvage mon âme de soie
Quand je l’emmène en promenade, Il se dédouble parfois
M’échappe, s’enfuit au grand largue et se perd jusqu’à Toi 
Flâne dans le vent, donne le LA de la musique de nos drags

Mon avatar aux yeux de jade, me supplée quelquefois
Quand la fatigue me rend hagarde, je le laisse faire sa loi,
Prendre le pouvoir à l’abordage, et prendre sur ma vie, le pas
Il prend ma pose et par mégarde, me possède l’âme de droit

Mon avatar en vert de rage, me regarde, en souhaitant être Moi
Veut prendre ma place, prendre du grade… Courir où je n’peux pas…
Me voler ces endroits de flamme, où je me consume maintes fois,
En imaginaire mélodrame, trop loin, aller où je n’veux pas

Alors, il me cible et me canarde, Oui, il se rit de moi
Il me bombarde, me laisse en rade, à terre les bras en croix
Dans le miroir où il s’attarde, soudain, se reconnaît et me voit
En vert d’espoir, me laisse sauve, et à mon exécution sursoit

Mon avatar aux yeux de jade, un double guerrier de Moi
De mythomanies en rodomontades, se fraie un chemin malgré moi
Balaie mes doutes et mes peur, n’envisage pas d’autres choix 
Dans la supercherie de la vie, fait résonner sa petite voix

Mon avatar aux yeux de jade, se déguise si souvent comme Moi,
Que je ne sais plus réaliser vraiment, lequel des deux est Moi
Quand je l’observe, j’hésite et me demande à chaque fois
Si c’est Lui que tu aimes et regardes, Ou bien, si c’est Moi.

Mon avatar aux yeux de jade, celui qui se tient devant Toi 
D’apparitions en transparences, me balance entre Lui et Moi 
C’est la surprise à chaque porte, mais se tromper ne gêne pas, 
Qu’importe dans les bras duquel, demain, tu te perdras…

Ce poème je le dédie à mon mari qui partage ma vie depuis si longtemps,
qui me supporte, et qui me répète encore aujourd’hui, que je suis si complète, si complexe et multiple,
qu’à moi seule, je suis toutes les femmes de sa vie.
..
Il est vrai qu’il est le seul être au monde qui connait toutes mes couleurs…
D’âme, d’yeux, de cheveux et de coeur… Et je ne suis pas persuadée que ce soit de tout repos…

Je me souviens du Temps…

Je me souviens du temps…
Où, petite hirondelle
Aux migrations de Printemps
Fuyant l’hiver et le gel
Sur ton balcon dormant
J’ai replié mes ailes…

Me suis posée en chantant
Humé ton âme originelle 
Et sous le souffle de ton vent
Ta brise passionnelle
Je me souviens du temps
Où j’ai touché ton ciel… 

En ma course, la déviant
De mon pas de tir habituel
Mes armes à terre, déposant
Pour irradier ton ciel
Emporté mon soleil levant
Je me souviens du temps…

Éros sa flèche décochant
Ciblé nos cœurs en tir sensuel
Cette salve d’amour flottant
Inévitable, presque irréelle 
Je me souviens du temps…
Où j’ai touché ton ciel… 

Offert mon merveilleux allant
Le souffre de mes jeux sensuels
Et dans l’azur troublant 
Du bout de mon soleil
Je me souviens du temps
Ou j’ai touché ton ciel…

Dans les mots océans 
Orpailleurs exceptionnels
De nos splendeurs d’avant
Du bout de mes merveilles
Je me souviens du temps
Ou j’ai touché ton ciel…

Or, ne convient jamais à l’hirondelle
Barreaux et fenêtres l’enfermant
Dans vos cages artificielles
Même dorées ou pur diamant
Mon envol repris-je au firmament
Mes rêves et projets, à tire d’ailes…

Mon envergure n’est belle
Que voilures libres aux vents
Moi, petite hirondelle
Ai-je dû fuir empressement…
Mais, je me souviens du temps…
Ou j’ai touché ton ciel…

Oui…
Je me souviens du temps
Où J’ai touché ton ciel
Du bout de mes prunelles…

Je me souviens du temps
Où J’ai touché ton ciel
Des plumes de mes ailes…

Lumière du matin

Soleil… Soleil…

Au soleil du matin,
Me réveille et m’étreint
Toute cette lumière d’or
À l’ombre de mon corps
À moitié endormi…

En réfraction, elle m’irradie et me colore
De ses rayons, qui seul brulent l’abord
De mes boucles d’or
Ma peau captive encore
Des draps du lit…

En effraction fine de maître
Par les claustras de ma fenêtre
Voyeur effleurant tout mon Être…
Était-ce Râ ou toi peut-être ?
Ces mains sensuelles, éveil de l’envie…

Le Passage Magique (Le Tsaheylu)

Le Passage Magique entre Mer et Ciel. Le Tsaheylu

À l’heure Grise éphémère entre chien et loup
Sur la grève désertée, avec la Lune, j’avais rendez-vous
Dans cette pénombre, nos faces masquées toutes deux
J’attendais, nez en l’air, me protégeant du vent au mieux

À l’endroit, où le céleste et l’aqueux fusionnent leurs bleutés 
En vapeurs opalescentes et brume de lumières irisées
Fidèle, en tout point à celui de nos songes d’antan
J’ai découvert le passage magique, balayé par le temps…

C’est une porte de bois et de sable, une barrière impalpable
Un pont entre nos deux rives bleues, une faille improbable
Où le ciel et la mer se liquéfient d’amour en invisible horizon
Qui nous téléporte par magie, vers l’autre dimension

J’ai trouvé le passage envoutant, que point n’emprunterai-je…
Venir jusqu’à toi avec courage, pourquoi me le permettrai-je ?
Jadis, d’autres guerriers que nous l’ont emprunté sans peur 
Beaucoup plus sages ou beaucoup plus fous, d’ailleurs…

Pourtant j’aimerais me volatiliser dans le temps au temps…
À la lisière de mes rêves, pieds nus, fouler le sable blanc
Plonger dans les abysses de tes yeux et l’enfer de nos jeux
Et me noyer dans les eaux de leur chamarré merveilleux

Cette fenêtre semble ouverte mais je ne puis passer
Le portail est fermé et je n’ai ni les codes ni les clés
Très bientôt, le passage, s’évanouira dans la nuit encrée
Et le TSAHEYLU de ces deux rivages, sera à jamais volatilisé

Est-ce que tu M’aimes ou est-ce que tu M’haines ?

Le merveilleux et l’amour s’invitent un matin
Le cœur vibre et vacille, on s’anime, on s’étreint
On s’esquisse l’âme, on se peint l’épiderme
On se promet le Toujours, on s’aime, on s’M

La grisaille s’installe, s’amoncellent les nuages
Et un soir, fouettent les éclairs, éclate l’orage
On se transperce le cœur, se crucifie l’âme 
Puis, l’amour fait volte-face, on s’haine, on s’N

M et N, ne les distingue, qu’un seul trait dense
Tu M’M, tu M’N, infime nuance, tant d’ambivalence
Deux verticales et deux diagonale en M, on s’M
Une diagonale en moins à peine, et c’est la N

Il suffit d’un petit morceau de rail, quand on s’M
Et de l’infime erreur d’aiguillage, pour qu’on s’N
Une graphie en supplément d’âme, et on s’aime
Une suppression d’un trait du M, et on s’haine

Du M au N, Un petit saut de lettre, une impulsion
Une âme sœur siamoise, en fait, juste une illusion
Le fil est tenu de la différence, pensez-y bien…
Du M au N, Pour changer soudain, du TOUT au RIEN !

Du M au N, deux petites lettres, un même pouvoir 
On tue au nom de l’Amour, ou au nom de la Haine
On meurt de son amour, on meurt de sa haine
M moi, ou N moi, qu’importe ton choix… Tu mourras

Alors mon Amour, dans l’alphabet de nos jours
Dans le Tic-Tac du métronome de nos détours
Où se situe notre parcours, entre Haine et Amour
Est-ce que tu m’aimes ou est-ce que tu m’haines ?

Orpailleurs et Artificiers

Une nuée de lucioles projetée à l’envolée 
Se détache du ciel ce soir d’un noir complet
Enflammé soudain de Rubis et d’Agathe pailleté 
De cristaux de Rutile comme d’or enluminés

Naissent des roses des sables dorées imaginées d’un rien
Par le génie et la magie artistique du pyrotechnicien
J’oublie que Satan m’envoie de son enfer en arrière-plan
Quelques vapeurs d’un rose rouge incandescent  

Devant la scène, mes yeux émerveillés par leurs jets
Toutes ces explosions soufrées si délicatement dessinées
Touchent mon cœur par le manque de toi brûlé 
Elles résonnent à mes oreilles d’une étrange vérité 

Et je me souviens, en suivant leurs étincelles des yeux
De notre amour passionné, de nos fusions de feu
De notre collecte d’orpailleurs, de nos mines d’or dynamitées
De nos âmes diaboliques, de notre passion d’artificiers.

Rêveries pendulaires

Sur la balançoire en vol
Bercée par le grincement
Du lancinant rythme en balancement
Et de mes mèches qui s’envolent

Je rêve que les chaînes se brisent
Que les volants de mes robes fleuries
Abandonnent mon corps en suspens
Et prennent le souffle du vent

S’élèvent et tournoient toujours plus haut
Aspirées par les courants ascendants
Se mêlent aux feuilles tourbillonnantes
En majestueuse tornade hors du temps

Rejoignent l’escadre des oiseaux migrateurs
En une simple envolée de jupon
En quelques battements d’ailes papillon
Enfin Libres et sans autre questionnement

Suspendue en tic-tac dans les airs 
Mon visage Grisé par le fouet cadencé
 De ce Métronome en crissement
Mes cils faseillent sous le pendule du temps

Alors, Je rêve que les chaînes se brisent
Que les volants de ma robe fleurie
Abandonnent mon corps en suspens
Et prennent le souffle du vent…