J’ai trouvé une sauvage Marguerite Éblouissante de beauté… Me suis inclinée devant cette magnifique inflorescence Pour admirer ses fleurons blancs ligulés Et observer l’abeille qui butinait En collectant le pollen dans ses pistils dorés Je l’ai cueillie, Me suis assise en tailleur dans le pré… Puis je l’ai patiemment effeuillée… Il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… Elle m’a hurlé que je tu ne m’aimais plus Alors de dépit et de rage, ma belle marguerite, je l’ai tuée.
Laissez-moi brûler l’enfer Qui me nargue sur mon chemin Dans mes ciels de traine à l’envers Ses torches de vapeur en dessin
Laissez-moi respirer l’éther Et conserver l’amour volatile De nos souffles asphyxiés dans l’air En bouche à bouche pulsatile
Laissons-nous encor respirer l’enfer Rougeoyant nos yeux aux reflets déments Laissons-nous toujours brûler l’éther En corps à corps de nos embrasements
Mon avatar aux yeux de jade, je l’ai créé pour Toi Un multiple de Moi qui se hasarde, à explorer cent fois Tous les Chemin de rêve où je musarde, jusque dans tes bras Où je traine libre et m’abandonne, à mes songes hors la loi
Mon avatar aux yeux de jade, porte sauvage mon âme de soie Quand je l’emmène en promenade, Il se dédouble parfois M’échappe, s’enfuit au grand largue et se perd jusqu’à Toi Flâne dans le vent, donne le LA de la musique de nos drags
Mon avatar aux yeux de jade, me supplée quelquefois Quand la fatigue me rend hagarde, je le laisse faire sa loi, Prendre le pouvoir à l’abordage, et prendre sur ma vie, le pas Il prend ma pose et par mégarde, me possède l’âme de droit
Mon avatar en vert de rage, me regarde, en souhaitant être Moi Veut prendre ma place, prendre du grade… Courir où je n’peux pas… Me voler ces endroits de flamme, où je me consume maintes fois, En imaginaire mélodrame, trop loin, aller où je n’veux pas
Alors, il me cible et me canarde, Oui, il se rit de moi Il me bombarde, me laisse en rade, à terre les bras en croix Dans le miroir où il s’attarde, soudain, se reconnaît et me voit En vert d’espoir, me laisse sauve, et à mon exécution sursoit
Mon avatar aux yeux de jade, un double guerrier de Moi De mythomanies en rodomontades, se fraie un chemin malgré moi Balaie mes doutes et mes peur, n’envisage pas d’autres choix Dans la supercherie de la vie, fait résonner sa petite voix
Mon avatar aux yeux de jade, se déguise si souvent comme Moi, Que je ne sais plus réaliser vraiment, lequel des deux est Moi Quand je l’observe, j’hésite et me demande à chaque fois Si c’est Lui que tu aimes et regardes, Ou bien, si c’est Moi.
Mon avatar aux yeux de jade, celui qui se tient devant Toi D’apparitions en transparences, me balance entre Lui et Moi C’est la surprise à chaque porte, mais se tromper ne gêne pas, Qu’importe dans les bras duquel, demain, tu te perdras…
Ce poème je le dédie à mon mari qui partage ma vie depuis si longtemps, qui me supporte, et qui me répète encore aujourd’hui, que je suis si complète, si complexe et multiple, qu’à moi seule, je suis toutes les femmes de sa vie... Il est vrai qu’il est le seul être au monde qui connait toutes mes couleurs… D’âme, d’yeux, de cheveux et de coeur… Et je ne suis pas persuadée que ce soit de tout repos…
Je me souviens du temps… Où, petite hirondelle Aux migrations de Printemps Fuyant l’hiver et le gel Sur ton balcon dormant J’ai replié mes ailes…
Me suis posée en chantant Humé ton âme originelle Et sous le souffle de ton vent Ta brise passionnelle Je me souviens du temps Où j’ai touché ton ciel…
En ma course, la déviant De mon pas de tir habituel Mes armes à terre, déposant Pour irradier ton ciel Emporté mon soleil levant Je me souviens du temps…
Éros sa flèche décochant Ciblé nos cœurs en tir sensuel Cette salve d’amour flottant Inévitable, presque irréelle Je me souviens du temps… Où j’ai touché ton ciel…
Offert mon merveilleux allant Le souffre de mes jeux sensuels Et dans l’azur troublant Du bout de mon soleil Je me souviens du temps Ou j’ai touché ton ciel…
Dans les mots océans Orpailleurs exceptionnels De nos splendeurs d’avant Du bout de mes merveilles Je me souviens du temps Ou j’ai touché ton ciel…
Or, ne convient jamais à l’hirondelle Barreaux et fenêtres l’enfermant Dans vos cages artificielles Même dorées ou pur diamant Mon envol repris-je au firmament Mes rêves et projets, à tire d’ailes…
Mon envergure n’est belle Que voilures libres aux vents Moi, petite hirondelle Ai-je dû fuir empressement… Mais, je me souviens du temps… Ou j’ai touché ton ciel…
Oui… Je me souviens du temps Où J’ai touché ton ciel Du bout de mes prunelles…
Je me souviens du temps Où J’ai touché ton ciel Des plumes de mes ailes…
Au soleil du matin, Me réveille et m’étreint Toute cette lumière d’or À l’ombre de mon corps À moitié endormi…
En réfraction, elle m’irradie et me colore De ses rayons, qui seul brulent l’abord De mes boucles d’or Ma peau captive encore Des draps du lit…
En effraction fine de maître Par les claustras de ma fenêtre Voyeur effleurant tout mon Être… Était-ce Râ ou toi peut-être ? Ces mains sensuelles, éveil de l’envie…
À l’heure Grise éphémère entre chien et loup Sur la grève désertée, avec la Lune, j’avais rendez-vous Dans cette pénombre, nos faces masquées toutes deux J’attendais, nez en l’air, me protégeant du vent au mieux
À l’endroit, où le céleste et l’aqueux fusionnent leurs bleutés En vapeurs opalescentes et brume de lumières irisées Fidèle, en tout point à celui de nos songes d’antan J’ai découvert le passage magique, balayé par le temps…
C’est une porte de bois et de sable, une barrière impalpable Un pont entre nos deux rives bleues, une faille improbable Où le ciel et la mer se liquéfient d’amour en invisible horizon Qui nous téléporte par magie, vers l’autre dimension
J’ai trouvé le passage envoutant, que point n’emprunterai-je… Venir jusqu’à toi avec courage, pourquoi me le permettrai-je ? Jadis, d’autres guerriers que nous l’ont emprunté sans peur Beaucoup plus sages ou beaucoup plus fous, d’ailleurs…
Pourtant j’aimerais me volatiliser dans le temps au temps… À la lisière de mes rêves, pieds nus, fouler le sable blanc Plonger dans les abysses de tes yeux et l’enfer de nos jeux Et me noyer dans les eaux de leur chamarré merveilleux
Cette fenêtre semble ouverte mais je ne puis passer Le portail est fermé et je n’ai ni les codes ni les clés Très bientôt, le passage, s’évanouira dans la nuit encrée Et le TSAHEYLU de ces deux rivages, sera à jamais volatilisé
Le merveilleux et l’amour s’invitent un matin Le cœur vibre et vacille, on s’anime, on s’étreint On s’esquisse l’âme, on se peint l’épiderme On se promet le Toujours, on s’aime, on s’M
La grisaille s’installe, s’amoncellent les nuages Et un soir, fouettent les éclairs, éclate l’orage On se transperce le cœur, se crucifie l’âme Puis, l’amour fait volte-face, on s’haine, on s’N
M et N, ne les distingue, qu’un seul trait dense Tu M’M, tu M’N, infime nuance, tant d’ambivalence Deux verticales et deux diagonale en M, on s’M Une diagonale en moins à peine, et c’est la N
Il suffit d’un petit morceau de rail, quand on s’M Et de l’infime erreur d’aiguillage, pour qu’on s’N Une graphie en supplément d’âme, et on s’aime Une suppression d’un trait du M, et on s’haine
Du M au N, Un petit saut de lettre, une impulsion Une âme sœur siamoise, en fait, juste une illusion Le fil est tenu de la différence, pensez-y bien… Du M au N, Pour changer soudain, du TOUT au RIEN !
Du M au N, deux petites lettres, un même pouvoir On tue au nom de l’Amour, ou au nom de la Haine On meurt de son amour, on meurt de sa haine M moi, ou N moi, qu’importe ton choix… Tu mourras
Alors mon Amour, dans l’alphabet de nos jours Dans le Tic-Tac du métronome de nos détours Où se situe notre parcours, entre Haine et Amour Est-ce que tu m’aimes ou est-ce que tu m’haines ?
Une nuée de lucioles projetée à l’envolée Se détache du ciel ce soir d’un noir complet Enflammé soudain de Rubis et d’Agathe pailleté De cristaux de Rutile comme d’or enluminés
Naissent des roses des sables dorées imaginées d’un rien Par le génie et la magie artistique du pyrotechnicien J’oublie que Satan m’envoie de son enfer en arrière-plan Quelques vapeurs d’un rose rouge incandescent
Devant la scène, mes yeux émerveillés par leurs jets Toutes ces explosions soufrées si délicatement dessinées Touchent mon cœur par le manque de toi brûlé Elles résonnent à mes oreilles d’une étrange vérité
Et je me souviens, en suivant leurs étincelles des yeux De notre amour passionné, de nos fusions de feu De notre collecte d’orpailleurs, de nos mines d’or dynamitées De nos âmes diaboliques, de notre passion d’artificiers.
Sur la balançoire en vol Bercée par le grincement Du lancinant rythme en balancement Et de mes mèches qui s’envolent
Je rêve que les chaînes se brisent Que les volants de mes robes fleuries Abandonnent mon corps en suspens Et prennent le souffle du vent
S’élèvent et tournoient toujours plus haut Aspirées par les courants ascendants Se mêlent aux feuilles tourbillonnantes En majestueuse tornade hors du temps
Rejoignent l’escadre des oiseaux migrateurs En une simple envolée de jupon En quelques battements d’ailes papillon Enfin Libres et sans autre questionnement
Suspendue en tic-tac dans les airs Mon visage Grisé par le fouet cadencé De ce Métronome en crissement Mes cils faseillent sous le pendule du temps
Alors, Je rêve que les chaînes se brisent Que les volants de ma robe fleurie Abandonnent mon corps en suspens Et prennent le souffle du vent…
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