Derrière les Grands Pins…

Recto…
Verso…

Derrière les Grands pins illuminés 
Je sais… 
La cime de tous ces longs mâts prêts à déployer leurs voiles…
Au-delà de ces branches enflammées
J’imagine… 
les merveilleux voyages qu’ils entreprendront sous les vents…

Entre les épines ou s’empalent les premiers rayons de soleil 
Je vois…
le faucon impassible en sentinelle qui surveille
Les arrivées et les départs, les victoires et les naufrages 
De nos régates… 

Par-delà la panoramique carte postale que fige en beauté l’éclairage
De nos partages…
J’entrevois… 
Le temps figé sur du papier glacé…
Les libertés empoisonnées…

Mais aussi au-delà du chaos qui sommeille… 
L’avenir en confiance qui m’appelle.

Petit Gecko…

Suprématie saurienne

À l’appel amoureux de mon tatouage, sur ma peau, alangui
Un petit gecko magnifique, tout à coup, du balcon a surgi
Exhibant ses piquants souples mais aujourd’hui inutiles
Une attaque futile contre qui ou quoi, mnésie indélébile

Préhistorique réminiscence de la cruauté originelle
En veille…

Petit gecko audacieux, aux fascinants yeux de crocodile
D’un élan prédateur, s’est approché de ma cheville gracile
Voulut grimper sur mon pied d’humaine, d’un petit saut agile
Embrasser son congénère Maori, d’une approche subtile

Préhistorique réminiscence de la suprématie saurienne
Quel dilemme…

Petit gecko, dans l’espace clos du salon, fut soudain encerclé
Emprisonné par nos mains géantes, par nos doigts enserré
Résigné, se laissa en photo capturer, avant de recouvrer sa liberté
En épargnant sa jolie queue serpentine du sacrifice programmé

Préhistorique réminiscence d’une défense en fuite assassine
Intrépide Reptile…

Sont parfois les mots…

Illustration Thibault58

Sont parfois les mots, clairs de roche
D’une limpidité sans faille et si proches 
De l’amour et du céleste.

Sont parfois les mots, de fond les lames
De scie les dents et moult drames
De condamnation à mort, de l’âme.

Sont parfois les mots, d’amour la fin
De l’Alpha à l’Omega de nos destins
De la partie, ouvrent ou closent d’un rien.

Sont parfois les mots, incompris
Des pantins le maitre de l’indécis 
Du mot «Adieu», tout n’est-il pas fini ?


A tous ceux qui les ont entendus ou prononcés…
A vous… A nous…
« parfois les sentiments les plus simples sont les plus difficiles à exprimer »

Remerciements à Thibault58. Retrouvez-le sur le site : https://lespoetes.net

Le Trouble de l’O

En pleine vitesse, seule à la proue du navire
Mon esprit subversif, inévitablement chavire
Encore une autre photo graphiquement sulfureuse
À la faveur d’une ombre qui dessine malicieuse
Deux jarretières noires au-dessus de mes chaînes
Mes jambes nues dans le vide vers Toi m’entraînent

Sans répits à me souvenir cette vision me condamne
Me force à me rappeler nos étreintes et me damne
Je ressens la chaleur du soleil brûlant sur ma peau
En parallèle celle de ton corps en feu comme un étau
Le souffle du vent marin emmêlant mes cheveux
Celui pulsé doucement dans mon cou de ton air fiévreux

Au-dessus de la houle, en-dessous du vent, mon esprit plane
À l’ombre de nos corps entremêlés et de nos deux âmes
Cette ligne symbolique partageant pour moitié en bague
Mes libres balancements survolant les vagues
Capture mes yeux, et mon imagination fertile divague
De nos amours troublants, la vision de nous deux me nargue

Juste au-dessus de moi pour témoin ce ciel si grand, si haut
Juste en-dessous de cette ligne le trouble des eaux
Juste au-dessus d’elle le trouble de l’O

Entre les Palmes…

Entre les palmes de mes doigts
L’ombre qui projette son aura
Sur le mur blanc et les claustras
Qui enlace la chaux de mes bras

J’aurais rêvé que ce fût Toi…

Entre les palmes de mes cils
Le soleil qui m’aveugle et frétille
Sur mes larmes claires qui grésillent
Et d’amour pique mon cœur qui oscille

J’aurais rêvé que ce fût toi…

Entre les palmes au bord de moi
Le grand éventail qui déploie
L’invisible main du vent qui fait sa loi
Qui dans mes cheveux chante ou aboie
M’effleure et s’encastre une dernière fois

J’aurais rêvé que ce fût toi…

Cinquante Nuances de Bleus

Cinquante nuances de Bleus

Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Que je l’attende de toute mon âme Marine ce jeu
Quand du drapeau blanc, en Persan on interlude l’enjeu
Qu’une trêve Bleu Nuit s’immisce entre nous deux
Le quotidien Gris se pare de Céleste, se déguise un peu 


Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Quand mon Outremer se noie dans l’Azur de tes yeux
Qu’ils osent se fondre au Ciel des miens en camaïeux
Que ton sourire me parle en Cyan du merveilleux
Propice, cette fenêtre Lavande nous envole aux cieux


Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Qu’en Roy, tu l’attendes de tout ton cœur ce jeu
Quand ton âme précieuse, Émeraude ou Saphir se veut
Alors, le Cobalt de tes mains de chimiste vire au feu 
Enflamme nos peaux, du Pétrole des désirs impérieux


Je rêve que ce soir elle existe l’heure bleue…

Qu’à l’Horizon de ma porte, elle frappe et insiste un peu
De ses pinceaux Électriques me dépeigne les cheveux
A l’ombre de nos jardins Bleu Majorelle luxurieux
Qu’elle me déshabille en cinquante nuances de bleu


Je veux que ce soir elle m’invite l’heure bleue…

Qu’en Turquoise tes mains subliment l’outrageux
En Céruléen, effleurent et visitent tous mes lieux
Que ton royaume de Prusse m’investisse en Bleu
Qu’en Hussard tu assailles mes reins d’orages houleux


Oui… Pourvu que ce soir elle m’invite l’heure bleue !

Que nos deux êtres se colorent en Méthylène prodigieux
D’étranges mélanges d’eaux et de feux en pigments fabuleux
Monochromie osmotique de nos corps Indigo fiévreux
O ! Délicieux délires KLEIN en cinquante nuances de bleus !

Cinquante nuances de bleus : Ci-dessus, détaillés tous les Bleus mentionnés :  Marine, Persan, Nuit, Outremer, Azur, Ciel, Cyan, Cobalt, Roy, Émeraude, Saphir, Bleu Gris, Céleste, Pétrole, Horizon, Électrique, Turquoise, Céruléen, De Prusse, Hussard, Bleu Majorelle, Méthylène, Indigo, Bleu KLEIN.

MÖBIUS

Illustrations et Photomontage réalisés par Thibault58,
avec photos Mer et Ruban de Angieriquedm8

J’avance sur le Möbius
Des kms à l’endroit, à l’envers
Je te gagne, je m’y perds
Je me gagne et je te perds
Tête en bas, tête en l’air


Je marche sur le Möbius
En vitesse ou au Ralenti
En ivresse ou en Léthargie
Mais jamais, du chemin infini
Ne tombe ou ne dévie


Je cours toujours sur le Möbius
En avant en arrière, matin ou soir
Reste Aléatoire et dérisoire
Mon éphémère trajectoire
Que rectifie le hasard


Citius, Altius, Fortius…
Qu’importe… Je n’y puis rien faire
Que je stoppe ma cadence d’enfer
Ou hâte le pas, tout droit, de travers
En coup droit ou en revers
L’incidence reste légère


Prisonnière du Möbius
Sur le ruban de ma vie
Qui m’entoure, qui me lie
Quoi que je modifie
Sans cesse, je glisse à l’infini

En topologie, le ruban de Möbius (aussi appelé bande de Möbius ou boucle de Möbius) est une surface compacte dont le bord est homéomorphe à un cercle. Autrement dit, il ne possède qu’une seule face contrairement à un ruban classique qui en possède deux.
Symbole de l’infini.
 

Retrouvez Thibault58 et ses autres illustrations et poèmes, ainsi que Angieriquedm8 sur le très beau site de poésie que je vous invite à visiter : https://lespoetes.net

Les Larmes d’Or…

Hier, entraperçues quelques larmes de soleil, 
Au coin de tes beaux yeux clairs aux iris mélangés
Que j’ai essuyées doucement du bout de mes doigts
Que la pudeur du moment m’imposait 
De ne pas lécher. 
Aussi, me suis-je privée du gout salé
De leur liquide cristallin 
Quelques larmes d’or…
Que je collecte dans mon tamis d’orpailleur…
Encore…

Tu ne me diras pas qu’elle en était la cause,
Tes pupilles précieuses par le Soleil agressées 
Peut-être était-ce seulement cela…
Trop de Lumière. 
Ou Peut-être Autre chose… 
Trop de Tout… Trop de Nous… 
On ne précisera pas laquelle… Peut-importe…

Je me suis refusée, ton regard noyé dans le mien
De scruter de mon laser les tréfonds de ton âme
Trop d’amour envers Toi, ne me le permet pas 
D’entrevoir quelques réponses plus précises
A tes larmes d’OR. 

Je les garde précieusement en mémoire 
Translucides et luisantes sur ta peau ensoleillée
Fugace sentiment suspendu, émotion retenue 
Ces Larmes de pluie sous le soleil d’Or

Pour me souvenir de Nous… 
Pour me souvenir
Que nous sommes humains, 
Que nous sommes vivants, 
Que nous nous aimons.

« Ne cache pas tes pleurs, cesse de t’en défendre,
c’est de l’humanité la marque la plus tendre. »
Voltaire

J’écris… J’écris…

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
De Nous…

Parce que…
Un jour ou l’autre se réveilleront nos rages avides 
Tempêteront nos peurs, émergeront nos peines
Et reviendront encore toutes ces plages vides 
Ou les réconciliations semblent vaines 

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
Du Beau…

Parce que…
Tôt ou tard, on fait fi des promesses, on oublie nos accords 
On se moque des regrets, on se fout des remords
On lâche trop les rennes ou on tire trop sur les mors
Dans ce film magique, sans cesse, on bâcle les raccords

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
De notre synesthésie…

Parce que…
Nos Ego sont trop grands et s’affrontent en corps à corps
On se combat toujours en duel de Matador 
Où le goût du sang dans l’arène reste le plus fort
Les risques que l’on prend détruisent et statuent sur nos sorts

J’écris, j’écris,
Il faut que je me souvienne…
De l’ensemble…

Parce que…
On valdingue le présent toujours dans le décor
Pour un passé trop vivant ou un futur trop mort
Pour trois mot de trop muets, ou trois mots de trop forts
Pour la passion qui aboie et la raison qui mord

Bref… pour toutes nos divergences, tous nos désaccords
Pour toutes nos ambivalences, tous nos oxymores

J’écris, j’écris 
Il faut  que je me souvienne…
De Nous deux…

J’irai brûler mes voiles…

En mer tout est d’une infinie beauté…

J’irai brûler mes voiles dans ces îles lointaines
Implorer des faveurs aux dieux océaniens
Liquéfier mon mat aux lames de fond des sirènes
Enchantée de leurs danses en chantant leur refrain

Dépasser l’horizon de mon ciel et forcer le destin
Allumer mon feu, en embrassant le tien
Retrouver tous nos jeux, en embrasant tes mains
Quand de l’amour à deux, le chemin s’en revient

J’irai nager au ciel dans les neiges éternelles 
Ou mes insomnies dorment sous un jour immortel
Marcher à l’aveugle dans le noir d’une nuit
Sous une pluie d’étoiles sans la suie de l’ennui 

Aux aurores boréales, où la voûte céleste s’éveille
Quand pendant de longs mois, hiberne le soleil
Et que nos yeux brumeux se languissent du jour
Qu’enfin, la nuit se décide à partir au long court

J’irai brûler mes voiles dans les cieux merveilleux
Sous un orage de Perséides, m’éblouir les yeux
M’aveugler de leur sabres de lumières de feu
Et abréger mes peines en essaim lumineux

Démêler les drisses qui entravent mes rêves
Hisser ma grande voile, voguer vers l’horizon
De mes songes de marin sans amarres et sans trêve
Au grand largue en équilibre précaire sur le pont

Alors…
Quand l’Amaurose fugace me terrasse soudain
Que ma vie à tâtons bute et se perd en chemin
Que mon âme Alizée souffle soudain à l’amer
Que je pleure en lames de sel, cherche mes repères

J’irai brûler mes voiles dans ces îles lointaines
Implorer des faveurs aux dieux océaniens
Liquéfier mon mat aux lames de fond des sirènes
Enchantée de leurs danses en chantant leur refrain

À tous nos voyages ensemble déjà fait et à faire…
je suis une hirondelle, je ne respire en exultant, qu’en volant dans les airs…
le monde est si vaste qu’une vie entière ne suffit pas…