J’irai brûler mes voiles…

En mer tout est d’une infinie beauté…

J’irai brûler mes voiles dans ces îles lointaines
Implorer des faveurs aux dieux océaniens
Liquéfier mon mat aux lames de fond des sirènes
Enchantée de leurs danses en chantant leur refrain

Dépasser l’horizon de mon ciel et forcer le destin
Allumer mon feu, en embrassant le tien
Retrouver tous nos jeux, en embrasant tes mains
Quand de l’amour à deux, le chemin s’en revient

J’irai nager au ciel dans les neiges éternelles 
Ou mes insomnies dorment sous un jour immortel
Marcher à l’aveugle dans le noir d’une nuit
Sous une pluie d’étoiles sans la suie de l’ennui 

Aux aurores boréales, où la voûte céleste s’éveille
Quand pendant de longs mois, hiberne le soleil
Et que nos yeux brumeux se languissent du jour
Qu’enfin, la nuit se décide à partir au long court

J’irai brûler mes voiles dans les cieux merveilleux
Sous un orage de Perséides, m’éblouir les yeux
M’aveugler de leur sabres de lumières de feu
Et abréger mes peines en essaim lumineux

Démêler les drisses qui entravent mes rêves
Hisser ma grande voile, voguer vers l’horizon
De mes songes de marin sans amarres et sans trêve
Au grand largue en équilibre précaire sur le pont

Alors…
Quand l’Amaurose fugace me terrasse soudain
Que ma vie à tâtons bute et se perd en chemin
Que mon âme Alizée souffle soudain à l’amer
Que je pleure en lames de sel, cherche mes repères

J’irai brûler mes voiles dans ces îles lointaines
Implorer des faveurs aux dieux océaniens
Liquéfier mon mat aux lames de fond des sirènes
Enchantée de leurs danses en chantant leur refrain

À tous nos voyages ensemble déjà fait et à faire…
je suis une hirondelle, je ne respire en exultant, qu’en volant dans les airs…
le monde est si vaste qu’une vie entière ne suffit pas…

Le Passage Magique (Le Tsaheylu)

Le Passage Magique entre Mer et Ciel. Le Tsaheylu

À l’heure Grise éphémère entre chien et loup
Sur la grève désertée, avec la Lune, j’avais rendez-vous
Dans cette pénombre, nos faces masquées toutes deux
J’attendais, nez en l’air, me protégeant du vent au mieux

À l’endroit, où le céleste et l’aqueux fusionnent leurs bleutés 
En vapeurs opalescentes et brume de lumières irisées
Fidèle, en tout point à celui de nos songes d’antan
J’ai découvert le passage magique, balayé par le temps…

C’est une porte de bois et de sable, une barrière impalpable
Un pont entre nos deux rives bleues, une faille improbable
Où le ciel et la mer se liquéfient d’amour en invisible horizon
Qui nous téléporte par magie, vers l’autre dimension

J’ai trouvé le passage envoutant, que point n’emprunterai-je…
Venir jusqu’à toi avec courage, pourquoi me le permettrai-je ?
Jadis, d’autres guerriers que nous l’ont emprunté sans peur 
Beaucoup plus sages ou beaucoup plus fous, d’ailleurs…

Pourtant j’aimerais me volatiliser dans le temps au temps…
À la lisière de mes rêves, pieds nus, fouler le sable blanc
Plonger dans les abysses de tes yeux et l’enfer de nos jeux
Et me noyer dans les eaux de leur chamarré merveilleux

Cette fenêtre semble ouverte mais je ne puis passer
Le portail est fermé et je n’ai ni les codes ni les clés
Très bientôt, le passage, s’évanouira dans la nuit encrée
Et le TSAHEYLU de ces deux rivages, sera à jamais volatilisé