Il y vit des secrets…

Il y vit des secrets
Sous la robe de ma plume
S’enrobent mensonges et vérités
En Organza de brume

Dansent arabesques encrées
Chatoient rêveries opportunes
Des ferveurs éhontées
Chantent O clair de la lune

Et sous mes robes à l’envolée
Cachés imberbes les trésors
Qu’ont volés flibustiers
Convoités conquistadors

Il y vit des secrets
Des diamants et de l’or
En poussières enluminées
Sous mes robes, encore…

Respirent finesses fragiles
Sifflent langues incendiaires
Vibrent en instants subtils
S’écrient en fièvres naufragères

Transpire toute une vie entière
En voile d’encre en froufrou
Derrière les frêles meurtrières
Forteresse en dessus-dessous

Il y vit des secrets
Sous mes robes, encore…

Entre ses Mains…

Entre ses mains…

Entre ses mains
Je ne suis plus rien
Du malléable argile qu’il détient
De sa création sans frein
Qu’il façonne selon son dessein
Ma volonté se rebelle en vain.

Entre ses mains
Je ne sais plus rien
Des lignes qu’il dessine enfin
Des vives couleurs qu’il peint
Des règles qu’il suit ou qu’il enfreint
Fusionnent le mal et le bien.

Entre ses mains
Je ne vois plus rien
Du monde alentour qui déteint
Son regard d’orpailleur me retient
Tout s’efface, j’oublie tout un chacun
Et parfois même, d’où je viens.

Aux Lendemains…

Mes genoux, le soir, se souviennent toujours
De nos fougueux élans d’amour du jour
Endoloris, ils me rappellent que je fus tienne
Leurs élancements empêchent qu’à l’oubli je parvienne

Mes yeux flous et encore de fatigue pailletés
Me piquent de souvenirs comme nos fils sucrés
Mes iris de leur trouée d’hier en métamorphose
Se souviennent de leur transe et de notre osmose

De nos possessions et de nos hallucinations
Nous restent toutes ces violentes colorations
Multiples sensations dans nos âmes à jamais gravées
Aux lendemains de toutes nos rencontres endiablées

Le Trouble de l’O

En pleine vitesse, seule à la proue du navire
Mon esprit subversif, inévitablement chavire
Encore une autre photo graphiquement sulfureuse
À la faveur d’une ombre qui dessine malicieuse
Deux jarretières noires au-dessus de mes chaînes
Mes jambes nues dans le vide vers Toi m’entraînent

Sans répits à me souvenir cette vision me condamne
Me force à me rappeler nos étreintes et me damne
Je ressens la chaleur du soleil brûlant sur ma peau
En parallèle celle de ton corps en feu comme un étau
Le souffle du vent marin emmêlant mes cheveux
Celui pulsé doucement dans mon cou de ton air fiévreux

Au-dessus de la houle, en-dessous du vent, mon esprit plane
À l’ombre de nos corps entremêlés et de nos deux âmes
Cette ligne symbolique partageant pour moitié en bague
Mes libres balancements survolant les vagues
Capture mes yeux, et mon imagination fertile divague
De nos amours troublants, la vision de nous deux me nargue

Juste au-dessus de moi pour témoin ce ciel si grand, si haut
Juste en-dessous de cette ligne le trouble des eaux
Juste au-dessus d’elle le trouble de l’O

Cinquante Nuances de Bleus

Cinquante nuances de Bleus

Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Que je l’attende de toute mon âme Marine ce jeu
Quand du drapeau blanc, en Persan on interlude l’enjeu
Qu’une trêve Bleu Nuit s’immisce entre nous deux
Le quotidien Gris se pare de Céleste, se déguise un peu 


Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Quand mon Outremer se noie dans l’Azur de tes yeux
Qu’ils osent se fondre au Ciel des miens en camaïeux
Que ton sourire me parle en Cyan du merveilleux
Propice, cette fenêtre Lavande nous envole aux cieux


Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Qu’en Roy, tu l’attendes de tout ton cœur ce jeu
Quand ton âme précieuse, Émeraude ou Saphir se veut
Alors, le Cobalt de tes mains de chimiste vire au feu 
Enflamme nos peaux, du Pétrole des désirs impérieux


Je rêve que ce soir elle existe l’heure bleue…

Qu’à l’Horizon de ma porte, elle frappe et insiste un peu
De ses pinceaux Électriques me dépeigne les cheveux
A l’ombre de nos jardins Bleu Majorelle luxurieux
Qu’elle me déshabille en cinquante nuances de bleu


Je veux que ce soir elle m’invite l’heure bleue…

Qu’en Turquoise tes mains subliment l’outrageux
En Céruléen, effleurent et visitent tous mes lieux
Que ton royaume de Prusse m’investisse en Bleu
Qu’en Hussard tu assailles mes reins d’orages houleux


Oui… Pourvu que ce soir elle m’invite l’heure bleue !

Que nos deux êtres se colorent en Méthylène prodigieux
D’étranges mélanges d’eaux et de feux en pigments fabuleux
Monochromie osmotique de nos corps Indigo fiévreux
O ! Délicieux délires KLEIN en cinquante nuances de bleus !

Cinquante nuances de bleus : Ci-dessus, détaillés tous les Bleus mentionnés :  Marine, Persan, Nuit, Outremer, Azur, Ciel, Cyan, Cobalt, Roy, Émeraude, Saphir, Bleu Gris, Céleste, Pétrole, Horizon, Électrique, Turquoise, Céruléen, De Prusse, Hussard, Bleu Majorelle, Méthylène, Indigo, Bleu KLEIN.

Laissez-moi brûler l’Enfer !

Ciel d’Enfer…

Laissez-moi brûler l’enfer
Qui me nargue sur mon chemin
Dans mes ciels de traine à l’envers
Ses torches de vapeur en dessin

Laissez-moi respirer l’éther
Et conserver l’amour volatile
De nos souffles asphyxiés dans l’air
En bouche à bouche pulsatile

Laissons-nous encor respirer l’enfer
Rougeoyant nos yeux aux reflets déments
Laissons-nous toujours brûler l’éther
En corps à corps de nos embrasements 

Orpailleurs et Artificiers

Une nuée de lucioles projetée à l’envolée 
Se détache du ciel ce soir d’un noir complet
Enflammé soudain de Rubis et d’Agathe pailleté 
De cristaux de Rutile comme d’or enluminés

Naissent des roses des sables dorées imaginées d’un rien
Par le génie et la magie artistique du pyrotechnicien
J’oublie que Satan m’envoie de son enfer en arrière-plan
Quelques vapeurs d’un rose rouge incandescent  

Devant la scène, mes yeux émerveillés par leurs jets
Toutes ces explosions soufrées si délicatement dessinées
Touchent mon cœur par le manque de toi brûlé 
Elles résonnent à mes oreilles d’une étrange vérité 

Et je me souviens, en suivant leurs étincelles des yeux
De notre amour passionné, de nos fusions de feu
De notre collecte d’orpailleurs, de nos mines d’or dynamitées
De nos âmes diaboliques, de notre passion d’artificiers.