Le Trouble de l’O

En pleine vitesse, seule à la proue du navire
Mon esprit subversif, inévitablement chavire
Encore une autre photo graphiquement sulfureuse
À la faveur d’une ombre qui dessine malicieuse
Deux jarretières noires au-dessus de mes chaînes
Mes jambes nues dans le vide vers Toi m’entraînent

Sans répits à me souvenir cette vision me condamne
Me force à me rappeler nos étreintes et me damne
Je ressens la chaleur du soleil brûlant sur ma peau
En parallèle celle de ton corps en feu comme un étau
Le souffle du vent marin emmêlant mes cheveux
Celui pulsé doucement dans mon cou de ton air fiévreux

Au-dessus de la houle, en-dessous du vent, mon esprit plane
À l’ombre de nos corps entremêlés et de nos deux âmes
Cette ligne symbolique partageant pour moitié en bague
Mes libres balancements survolant les vagues
Capture mes yeux, et mon imagination fertile divague
De nos amours troublants, la vision de nous deux me nargue

Juste au-dessus de moi pour témoin ce ciel si grand, si haut
Juste en-dessous de cette ligne le trouble des eaux
Juste au-dessus d’elle le trouble de l’O

MÖBIUS

Illustrations et Photomontage réalisés par Thibault58,
avec photos Mer et Ruban de Angieriquedm8

J’avance sur le Möbius
Des kms à l’endroit, à l’envers
Je te gagne, je m’y perds
Je me gagne et je te perds
Tête en bas, tête en l’air


Je marche sur le Möbius
En vitesse ou au Ralenti
En ivresse ou en Léthargie
Mais jamais, du chemin infini
Ne tombe ou ne dévie


Je cours toujours sur le Möbius
En avant en arrière, matin ou soir
Reste Aléatoire et dérisoire
Mon éphémère trajectoire
Que rectifie le hasard


Citius, Altius, Fortius…
Qu’importe… Je n’y puis rien faire
Que je stoppe ma cadence d’enfer
Ou hâte le pas, tout droit, de travers
En coup droit ou en revers
L’incidence reste légère


Prisonnière du Möbius
Sur le ruban de ma vie
Qui m’entoure, qui me lie
Quoi que je modifie
Sans cesse, je glisse à l’infini

En topologie, le ruban de Möbius (aussi appelé bande de Möbius ou boucle de Möbius) est une surface compacte dont le bord est homéomorphe à un cercle. Autrement dit, il ne possède qu’une seule face contrairement à un ruban classique qui en possède deux.
Symbole de l’infini.
 

Retrouvez Thibault58 et ses autres illustrations et poèmes, ainsi que Angieriquedm8 sur le très beau site de poésie que je vous invite à visiter : https://lespoetes.net

Marguerite Révolver

Bang Bang…

J’ai trouvé une sauvage Marguerite
Éblouissante de beauté…
Me suis inclinée devant cette magnifique inflorescence
Pour admirer ses fleurons blancs ligulés
Et observer l’abeille qui butinait 
En collectant le pollen dans ses pistils dorés
Je l’ai cueillie,
Me suis assise en tailleur dans le pré…
Puis je l’ai patiemment effeuillée…
Il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…
Elle m’a hurlé que je tu ne m’aimais plus
Alors de dépit et de rage, ma belle marguerite, je l’ai tuée.