Quand mes pensées en fièvre Sur l’autre rive vagabondent Que juste à fleur mon cœur déborde Pour se poser sur vos lèvres Incandescente est la horde Des hardiesses qui abondent…
De quelques mots d’orfèvres D’un regard qui m’inonde Il s’en faudrait d’une corde… Pour que mon âme mièvre succombe et s’accorde En rejoignant votre monde.
Je garde toujours l’odeur du sel et de la mer. Les étoiles et le merveilleux dans les yeux… Bonne rentrée à Tous.
Entre ses mains Je ne suis plus rien Du malléable argile qu’il détient De sa création sans frein Qu’il façonne selon son dessein Ma volonté se rebelle en vain.
Entre ses mains Je ne sais plus rien Des lignes qu’il dessine enfin Des vives couleurs qu’il peint Des règles qu’il suit ou qu’il enfreint Fusionnent le mal et le bien.
Entre ses mains Je ne vois plus rien Du monde alentour qui déteint Son regard d’orpailleur me retient Tout s’efface, j’oublie tout un chacun Et parfois même, d’où je viens.
Mes genoux, le soir, se souviennent toujours De nos fougueux élans d’amour du jour Endoloris, ils me rappellent que je fus tienne Leurs élancements empêchent qu’à l’oubli je parvienne
Mes yeux flous et encore de fatigue pailletés Me piquent de souvenirs comme nos fils sucrés Mes iris de leur trouée d’hier en métamorphose Se souviennent de leur transe et de notre osmose
De nos possessions et de nos hallucinations Nous restent toutes ces violentes colorations Multiples sensations dans nos âmes à jamais gravées Aux lendemains de toutes nos rencontres endiablées
Entre les palmes de mes doigts L’ombre qui projette son aura Sur le mur blanc et les claustras Qui enlace la chaux de mes bras
J’aurais rêvé que ce fût Toi…
Entre les palmes de mes cils Le soleil qui m’aveugle et frétille Sur mes larmes claires qui grésillent Et d’amour pique mon cœur qui oscille
J’aurais rêvé que ce fût toi…
Entre les palmes au bord de moi Le grand éventail qui déploie L’invisible main du vent qui fait sa loi Qui dans mes cheveux chante ou aboie M’effleure et s’encastre une dernière fois
Que je l’attende de toute mon âme Marine ce jeu Quand du drapeau blanc, en Persan on interlude l’enjeu Qu’une trêve Bleu Nuit s’immisce entre nous deux Le quotidien Gris se pare de Céleste, se déguise un peu
Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…
Quand mon Outremer se noie dans l’Azur de tes yeux Qu’ils osent se fondre au Ciel des miens en camaïeux Que ton sourire me parle en Cyan du merveilleux Propice, cette fenêtre Lavande nous envole aux cieux
Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…
Qu’en Roy, tu l’attendes de tout ton cœur ce jeu Quand ton âme précieuse, Émeraude ou Saphir se veut Alors, le Cobalt de tes mains de chimiste vire au feu Enflamme nos peaux, du Pétrole des désirs impérieux
Je rêve que ce soir elle existe l’heure bleue…
Qu’à l’Horizon de ma porte, elle frappe et insiste un peu De ses pinceaux Électriques me dépeigne les cheveux A l’ombre de nos jardins Bleu Majorelle luxurieux Qu’elle me déshabille en cinquante nuances de bleu
Je veux que ce soir elle m’invite l’heure bleue…
Qu’en Turquoise tes mains subliment l’outrageux En Céruléen, effleurent et visitent tous mes lieux Que ton royaume de Prusse m’investisse en Bleu Qu’en Hussard tu assailles mes reins d’orages houleux
Oui… Pourvu que ce soir elle m’invite l’heure bleue !
Que nos deux êtres se colorent en Méthylène prodigieux D’étranges mélanges d’eaux et de feux en pigments fabuleux Monochromie osmotique de nos corps Indigo fiévreux O ! Délicieux délires KLEIN en cinquante nuances de bleus !
Cinquante nuances de bleus : Ci-dessus, détaillés tous les Bleus mentionnés : Marine, Persan, Nuit, Outremer, Azur, Ciel, Cyan, Cobalt, Roy, Émeraude, Saphir, Bleu Gris, Céleste, Pétrole, Horizon, Électrique, Turquoise, Céruléen, De Prusse, Hussard, Bleu Majorelle, Méthylène, Indigo, Bleu KLEIN.
Hier, entraperçues quelques larmes de soleil, Au coin de tes beaux yeux clairs aux iris mélangés Que j’ai essuyées doucement du bout de mes doigts Que la pudeur du moment m’imposait De ne pas lécher. Aussi, me suis-je privée du gout salé De leur liquide cristallin Quelques larmes d’or… Que je collecte dans mon tamis d’orpailleur… Encore…
Tu ne me diras pas qu’elle en était la cause, Tes pupilles précieuses par le Soleil agressées Peut-être était-ce seulement cela… Trop de Lumière. Ou Peut-être Autre chose… Trop de Tout… Trop de Nous… On ne précisera pas laquelle… Peut-importe…
Je me suis refusée, ton regard noyé dans le mien De scruter de mon laser les tréfonds de ton âme Trop d’amour envers Toi, ne me le permet pas D’entrevoir quelques réponses plus précises A tes larmes d’OR.
Je les garde précieusement en mémoire Translucides et luisantes sur ta peau ensoleillée Fugace sentiment suspendu, émotion retenue Ces Larmes de pluie sous le soleil d’Or
Pour me souvenir de Nous… Pour me souvenir Que nous sommes humains, Que nous sommes vivants, Que nous nous aimons.
« Ne cache pas tes pleurs, cesse de t’en défendre, c’est de l’humanité la marque la plus tendre. » Voltaire
J’ai trouvé une sauvage Marguerite Éblouissante de beauté… Me suis inclinée devant cette magnifique inflorescence Pour admirer ses fleurons blancs ligulés Et observer l’abeille qui butinait En collectant le pollen dans ses pistils dorés Je l’ai cueillie, Me suis assise en tailleur dans le pré… Puis je l’ai patiemment effeuillée… Il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… Elle m’a hurlé que je tu ne m’aimais plus Alors de dépit et de rage, ma belle marguerite, je l’ai tuée.
Laissez-moi brûler l’enfer Qui me nargue sur mon chemin Dans mes ciels de traine à l’envers Ses torches de vapeur en dessin
Laissez-moi respirer l’éther Et conserver l’amour volatile De nos souffles asphyxiés dans l’air En bouche à bouche pulsatile
Laissons-nous encor respirer l’enfer Rougeoyant nos yeux aux reflets déments Laissons-nous toujours brûler l’éther En corps à corps de nos embrasements
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