À la faveur… (version 1)

Petite pause sieste le nez et les jambes en l’air…

À la faveur d’une petite pause sieste, ô temps j’implore ta clémence !
Mais le sommeil accumulé résiste malgré ma fatigue en latence
Je suis Allongée jambes étirées sous le bel olivier de soleil irradié
Ses rayons agressant ma rétine à chaque branche traversée

Ses petites feuilles gris-vert se balancent sous le souffle du vent
Les éclats de soleil papillonnent en confettis de lumière juste devant
J’étends ma main qui s’embrase entre mes ongles multicolores
L’orpailleur en moi s’échine à les saisir en vain, à capturer cet or

Je les envie et me résigne à les laisser fileter en liberté dans l’air
Insaisissable illusion d’optique, épées d’or, reflets éphémères
J’entrevois en rêve, sous les arbres, les paillettes de tes yeux de vair
Nos corps emmêlés d’amour et de sueurs sous un soleil d’enfer

Sur ma peau en projection de longs fils dorés entrecroisés
Mes yeux au ciel, en parallèle, j’admire tous les longs fils blancs striés
Créés par les tous les oiseaux de fer aux grandes vacances destinés 
La vapeur d’eau et leurs fumées dans la froideur mélangées

Les fantômes de coton défilent devant mes yeux résignés
Et en pensée m’entraînent malgré moi dans une danse effrénée
Des formes se dessinent, me content des histoires merveilleuses
En miroir se reflète tous les souvenirs de nos choses précieuses

Des êtres fantasmagoriques avec mon âme conversent
Me transpercent l’esprit, me narguent, me taquinent, me traversent
Et d’aventures fantastiques, de futurs espoirs encor me bercent
Je m’imagine alors, bousculer le cours du temps  à l’inverse.

Mon Ombre Guerrière…

Prenez garde, prenez garde
À mon ombre guerrière !
Tapie elle guette, sauvage et fière
Elle monte la garde
Assure mes arrières…

Où que je marche, 
Où que je sois
Dans toutes mes démarches
Dans tous mes choix, 
Fait hurler sa voix
Amazone hors la loi
Invisible même parfois
Impalpable est son image
Ingérable est sa rage
Mon ombre guerrière
Assure mes arrières

Belliqueuse et courageuse
Du moins autant que moi
Gardienne de mes corps
Accords pas d’accord
Mort aux abords… 
Même, Jalouse les trésors 
Que j’offre, Si…
Que je consens à livrer
De mon contrôle
Toujours hors…
Snipe à tout vent, kill à tout va 

Je t’en prie, Oublie-moi, 
De ta vie, raye-moi!
Sinon elle s’en prendra à Toi !
Mon ombre guerrière 
Assure mes arrières…

En sentinelle,  guide mes pas 
Dans l’ombre de mon aura
Chaque brindille du chemin
Est poignard dans ses mains
Chaque roseau du lac, est en soi
Katana affuté dans ses doigt
Et…
Quand du fil je glisse 
Ou m’incline trop bas
Elle me relève le menton
Joue les contrepoids
En jogging en talons 
Qu’importe le pourquoi
Toujours prête au combat

Loyale à me suivre 
Jamais ne me trahira
Dans mes combats de rue 
Si elle ne s’interpose pas
Elle m’insuffle la force
D’allonger le bras
D’esquiver les éclats 
Qui exploseraient à moi

Prenez garde, prenez garde
À Mon ombre guerrière !
Tapie elle guette, sauvage et fière
Elle monte la garde
Assure mes arrières…

Derrière les Grands Pins…

Recto…
Verso…

Derrière les Grands pins illuminés 
Je sais… 
La cime de tous ces longs mâts prêts à déployer leurs voiles…
Au-delà de ces branches enflammées
J’imagine… 
les merveilleux voyages qu’ils entreprendront sous les vents…

Entre les épines ou s’empalent les premiers rayons de soleil 
Je vois…
le faucon impassible en sentinelle qui surveille
Les arrivées et les départs, les victoires et les naufrages 
De nos régates… 

Par-delà la panoramique carte postale que fige en beauté l’éclairage
De nos partages…
J’entrevois… 
Le temps figé sur du papier glacé…
Les libertés empoisonnées…

Mais aussi au-delà du chaos qui sommeille… 
L’avenir en confiance qui m’appelle.

Petit Gecko…

Suprématie saurienne

À l’appel amoureux de mon tatouage, sur ma peau, alangui
Un petit gecko magnifique, tout à coup, du balcon a surgi
Exhibant ses piquants souples mais aujourd’hui inutiles
Une attaque futile contre qui ou quoi, mnésie indélébile

Préhistorique réminiscence de la cruauté originelle
En veille…

Petit gecko audacieux, aux fascinants yeux de crocodile
D’un élan prédateur, s’est approché de ma cheville gracile
Voulut grimper sur mon pied d’humaine, d’un petit saut agile
Embrasser son congénère Maori, d’une approche subtile

Préhistorique réminiscence de la suprématie saurienne
Quel dilemme…

Petit gecko, dans l’espace clos du salon, fut soudain encerclé
Emprisonné par nos mains géantes, par nos doigts enserré
Résigné, se laissa en photo capturer, avant de recouvrer sa liberté
En épargnant sa jolie queue serpentine du sacrifice programmé

Préhistorique réminiscence d’une défense en fuite assassine
Intrépide Reptile…

Le Petit Café du Matin…

Championnat de France du 11 au 15 Février 2020 – Niort-

Mon petit café du matin.
Ma drogue… mon réveil matin
Celui qui m’ouvre les yeux en net
Et connecte mon esprit en grand… 
Mon meilleur ami, garant de ma minute d’éveil au monde 
au nouveau jour qui s’offre à moi.
La condition de mon opérationnalité optimale. 

Il est cinq heure…
Ce petit café du matin… O combien, j’en ai besoin… 
Mais pas aujourd’hui… Aujourd’hui, il m’est interdit.
Aujourd’hui c’est compétition.
Aujourd’hui c’est bêta bloquant…

Mon but : 
Passer coûte que coûte ces fichus départementaux pour arriver jusqu’aux régionaux 
Mon espoir : Y performer pour être sélectionnée aux Nationaux
Aujourd’hui nos mains se doivent sures, précises, 
exemptes du moindre tremblement de leurs muscles,
mon corps épargné du moindre tressaillement de mon cœur.
Je me veux dépourvue d’affect, sans aucun état d’âme.
Je me dois de m’automatiser dans les gestes, de me robotiser dans mon mental.

Mes yeux, je les rêverais bioniques !
Mon bras, je le souhaiterais mécanique !
Mon cerveau, informatique !

J’en suis consciente, Il en est ainsi pour nous tous, compétiteurs, en cet instant précis. 
Nous, si nombreux aujourd’hui, si docilement alignés sur ce pas de tir, 
notre intervalle entre compétiteurs mathématiquement calculé 
et également partagé afin d’avoir chacun notre petit espace vital.
Plus obéissants que des bambins de six ans, juste à peine moins bruyants que des maternelles.

Nous nous sourions, nous nous raillons, et nous nous jouons de nous encore quelques secondes
en vérifiant notre arme et en la déposant sagement sur la banque revêtue de moquette sale et poussiéreuse.
Aveuglés par tant de néons au plafond, nos rétines agressées par leur blancheur puissante et irrégulièrement diffuse, je profite de ces derniers bavardages légers et de ces échanges badins… 
Le silence nous sera trop vite imposé en quelques mots par les arbitres et en cœur nous nous tairons… Juste avant … 

Avant que nos amis de clubs des minutes précédentes ne deviennent nos adversaires en
une fraction de seconde, que nous oubliions tous ces moments magiques de partages. 
Avant que dans cette salle remplie de guerriers déterminés, la solitude impose sa loi… 
Avant de nous retrouver totalement seuls avec nous-même,
isolés des bruits du monde par nos casques ou nos oreillettes,
Avant que tout autour de nous, tout disparaisse,
que les autres deviennent invisibles à nos yeux,
que notre unique centre d’intérêt devienne le centre noir de sept centimètres
d’une modeste cible en carton postée à dix mètres de nous…
Juste avant le début de la compétition…
Juste avant l’ordre de Tir…

Puis soudain… 
Notre détermination se mettra en branle instantanément  
tels des gladiateurs dans l’arène avant leur ultime combat,
avec cette rage de combattre et de vaincre avec Force et Honneur.
Et moi, je tendrai à « Ne rien lâcher » et « Ne rien subir », 
mais sans oublier cependant, que tout ceci n’est qu’un jeu.

Sans mon café du matin dans mes veine pour me stimuler…
Avec dans mon sang un poison dopant plus puissant que la caféine : l’Adrénaline
Un excitant identique à celui de l’Amour : l’Ocytocine
Ces deux substances qui me rendent si vivante.

Alors, ce n’est pas grave…
Tant pis pour mon petit café du matin…
Je le prendrai demain !

Le 14 Février 2020, en ce jour de la St Valentin, l’année dernière, nous étions des dizaines à concourir dans la joie et la bonne humeur. Aujourd’hui, il ne me reste que « le petit café du matin »…

Sont parfois les mots…

Illustration Thibault58

Sont parfois les mots, clairs de roche
D’une limpidité sans faille et si proches 
De l’amour et du céleste.

Sont parfois les mots, de fond les lames
De scie les dents et moult drames
De condamnation à mort, de l’âme.

Sont parfois les mots, d’amour la fin
De l’Alpha à l’Omega de nos destins
De la partie, ouvrent ou closent d’un rien.

Sont parfois les mots, incompris
Des pantins le maitre de l’indécis 
Du mot «Adieu», tout n’est-il pas fini ?


A tous ceux qui les ont entendus ou prononcés…
A vous… A nous…
« parfois les sentiments les plus simples sont les plus difficiles à exprimer »

Remerciements à Thibault58. Retrouvez-le sur le site : https://lespoetes.net

Le Trouble de l’O

En pleine vitesse, seule à la proue du navire
Mon esprit subversif, inévitablement chavire
Encore une autre photo graphiquement sulfureuse
À la faveur d’une ombre qui dessine malicieuse
Deux jarretières noires au-dessus de mes chaînes
Mes jambes nues dans le vide vers Toi m’entraînent

Sans répits à me souvenir cette vision me condamne
Me force à me rappeler nos étreintes et me damne
Je ressens la chaleur du soleil brûlant sur ma peau
En parallèle celle de ton corps en feu comme un étau
Le souffle du vent marin emmêlant mes cheveux
Celui pulsé doucement dans mon cou de ton air fiévreux

Au-dessus de la houle, en-dessous du vent, mon esprit plane
À l’ombre de nos corps entremêlés et de nos deux âmes
Cette ligne symbolique partageant pour moitié en bague
Mes libres balancements survolant les vagues
Capture mes yeux, et mon imagination fertile divague
De nos amours troublants, la vision de nous deux me nargue

Juste au-dessus de moi pour témoin ce ciel si grand, si haut
Juste en-dessous de cette ligne le trouble des eaux
Juste au-dessus d’elle le trouble de l’O

Entre les Palmes…

Entre les palmes de mes doigts
L’ombre qui projette son aura
Sur le mur blanc et les claustras
Qui enlace la chaux de mes bras

J’aurais rêvé que ce fût Toi…

Entre les palmes de mes cils
Le soleil qui m’aveugle et frétille
Sur mes larmes claires qui grésillent
Et d’amour pique mon cœur qui oscille

J’aurais rêvé que ce fût toi…

Entre les palmes au bord de moi
Le grand éventail qui déploie
L’invisible main du vent qui fait sa loi
Qui dans mes cheveux chante ou aboie
M’effleure et s’encastre une dernière fois

J’aurais rêvé que ce fût toi…

Cinquante Nuances de Bleus

Cinquante nuances de Bleus

Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Que je l’attende de toute mon âme Marine ce jeu
Quand du drapeau blanc, en Persan on interlude l’enjeu
Qu’une trêve Bleu Nuit s’immisce entre nous deux
Le quotidien Gris se pare de Céleste, se déguise un peu 


Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Quand mon Outremer se noie dans l’Azur de tes yeux
Qu’ils osent se fondre au Ciel des miens en camaïeux
Que ton sourire me parle en Cyan du merveilleux
Propice, cette fenêtre Lavande nous envole aux cieux


Il se pourrait bien qu’elle existe l’heure bleue…

Qu’en Roy, tu l’attendes de tout ton cœur ce jeu
Quand ton âme précieuse, Émeraude ou Saphir se veut
Alors, le Cobalt de tes mains de chimiste vire au feu 
Enflamme nos peaux, du Pétrole des désirs impérieux


Je rêve que ce soir elle existe l’heure bleue…

Qu’à l’Horizon de ma porte, elle frappe et insiste un peu
De ses pinceaux Électriques me dépeigne les cheveux
A l’ombre de nos jardins Bleu Majorelle luxurieux
Qu’elle me déshabille en cinquante nuances de bleu


Je veux que ce soir elle m’invite l’heure bleue…

Qu’en Turquoise tes mains subliment l’outrageux
En Céruléen, effleurent et visitent tous mes lieux
Que ton royaume de Prusse m’investisse en Bleu
Qu’en Hussard tu assailles mes reins d’orages houleux


Oui… Pourvu que ce soir elle m’invite l’heure bleue !

Que nos deux êtres se colorent en Méthylène prodigieux
D’étranges mélanges d’eaux et de feux en pigments fabuleux
Monochromie osmotique de nos corps Indigo fiévreux
O ! Délicieux délires KLEIN en cinquante nuances de bleus !

Cinquante nuances de bleus : Ci-dessus, détaillés tous les Bleus mentionnés :  Marine, Persan, Nuit, Outremer, Azur, Ciel, Cyan, Cobalt, Roy, Émeraude, Saphir, Bleu Gris, Céleste, Pétrole, Horizon, Électrique, Turquoise, Céruléen, De Prusse, Hussard, Bleu Majorelle, Méthylène, Indigo, Bleu KLEIN.

MÖBIUS

Illustrations et Photomontage réalisés par Thibault58,
avec photos Mer et Ruban de Angieriquedm8

J’avance sur le Möbius
Des kms à l’endroit, à l’envers
Je te gagne, je m’y perds
Je me gagne et je te perds
Tête en bas, tête en l’air


Je marche sur le Möbius
En vitesse ou au Ralenti
En ivresse ou en Léthargie
Mais jamais, du chemin infini
Ne tombe ou ne dévie


Je cours toujours sur le Möbius
En avant en arrière, matin ou soir
Reste Aléatoire et dérisoire
Mon éphémère trajectoire
Que rectifie le hasard


Citius, Altius, Fortius…
Qu’importe… Je n’y puis rien faire
Que je stoppe ma cadence d’enfer
Ou hâte le pas, tout droit, de travers
En coup droit ou en revers
L’incidence reste légère


Prisonnière du Möbius
Sur le ruban de ma vie
Qui m’entoure, qui me lie
Quoi que je modifie
Sans cesse, je glisse à l’infini

En topologie, le ruban de Möbius (aussi appelé bande de Möbius ou boucle de Möbius) est une surface compacte dont le bord est homéomorphe à un cercle. Autrement dit, il ne possède qu’une seule face contrairement à un ruban classique qui en possède deux.
Symbole de l’infini.
 

Retrouvez Thibault58 et ses autres illustrations et poèmes, ainsi que Angieriquedm8 sur le très beau site de poésie que je vous invite à visiter : https://lespoetes.net