Est-ce que tu M’aimes ou est-ce que tu M’haines ?

Le merveilleux et l’amour s’invitent un matin
Le cœur vibre et vacille, on s’anime, on s’étreint
On s’esquisse l’âme, on se peint l’épiderme
On se promet le Toujours, on s’aime, on s’M

La grisaille s’installe, s’amoncellent les nuages
Et un soir, fouettent les éclairs, éclate l’orage
On se transperce le cœur, se crucifie l’âme 
Puis, l’amour fait volte-face, on s’haine, on s’N

M et N, ne les distingue, qu’un seul trait dense
Tu M’M, tu M’N, infime nuance, tant d’ambivalence
Deux verticales et deux diagonale en M, on s’M
Une diagonale en moins à peine, et c’est la N

Il suffit d’un petit morceau de rail, quand on s’M
Et de l’infime erreur d’aiguillage, pour qu’on s’N
Une graphie en supplément d’âme, et on s’aime
Une suppression d’un trait du M, et on s’haine

Du M au N, Un petit saut de lettre, une impulsion
Une âme sœur siamoise, en fait, juste une illusion
Le fil est tenu de la différence, pensez-y bien…
Du M au N, Pour changer soudain, du TOUT au RIEN !

Du M au N, deux petites lettres, un même pouvoir 
On tue au nom de l’Amour, ou au nom de la Haine
On meurt de son amour, on meurt de sa haine
M moi, ou N moi, qu’importe ton choix… Tu mourras

Alors mon Amour, dans l’alphabet de nos jours
Dans le Tic-Tac du métronome de nos détours
Où se situe notre parcours, entre Haine et Amour
Est-ce que tu m’aimes ou est-ce que tu m’haines ?

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